\\ notes d'un travail de mémoire - pierre, terre, bronze

\\ Caresser le trait de mémoire, c’est chercher une réponse au silence absolu de nos trous de mémoire, ceux qui font glisser vers l’oubli l’origine et le sensible, le réel visage d’un langage déchu.

\\ Faire glisser au creux de nos yeux ce trait de mémoire, c’est s’élancer dans la quête du trait d’union, la part en nous qui manque à nos cœurs : un langage propre, une sensibilité accrue, un désir éperdu d’identité.
Donner voix au trait de mémoire, c’est reconnaitre au plus profond de nous ce cri de toute éternité : ne pas laisser échapper nos vies dans l’oubli, le déni, la perte de mémoire justement.

\\ Observer, n’est-ce pas retirer son œil dans le repli de ce qui est déjà su, pour tenter de révéler ce qui se loge dans le désir originaire des sentiers enfouis : à l’ombre des plis les plus secrets de la terre meuble s’abritent encore les visages nus, les corps en mue, les flots de visages pris dans le flux migratoire de la mémoire, puis enfin la femme qui bientôt s’élève, cette femme primitive et vénérable, sculptée en quête d’une réponse, d’un prétexte et d’un récit, de l’origine et de la fable, de la raison intime des choses.

\\ in 'traits de mémoire' / pascale hamelin - vincent smetana (c) speculoos libris 2008 \\ lecture pdf